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Le psychédélisme cosmique de Temples

Révélation britannique de la pop néopsychédélique voilà trois ans, le quatuor anglais Temples franchit avec son deuxième album « Volcano » un irrésistible cap cosmique.

 

(Photo: Heavenly Recordings)

Révélation 2014 de la dernière vague néopsychédélique qui a déferlé sur la pop anglo-saxonne avec un rutilant premier album baptisé Sun Structures, Temples s'offre un deuxième essai en forme de coup de maître. Croisant toujours une pop vintage très sixties (Beatles, Byrds) avec du garage rock (MC5, Stooges) agrémenté de sons spatiaux et kaléidoscopiques, ces jeunes Britanniques de 25 ans de moyenne d'âge activent dans l'ombre portée des Kinks ou Small Faces, dont ils arborent aussi le look, un répertoire aussi polychrome qu'incandescent.

 

Entre éruption mélodique, explosion synthétique et cascade de guitares électriques ainsi que de choeurs, le biennommé Volcano (Heavenly Recordingsconstitue une étourdissante machine à remonter le temps jusqu'à l'acte fondateur du psychédélisme des Beatles de Revolver (1966). Pétries de citations mais évitant l'écueil du mimétisme, les chansons colorées de Temples célèbrent sans nostalgie le passée. Et déploient à présent des structures plus complexes, où jaillissent une successions de couches et bizarreries sonores, de mélodies à tiroir. Après les rayons de soleil de Sun Structures, bienvenue donc aux coulées de lave de Volcano, qui embrasent tout sur leur passage.

 

 

 

Dès le départ, Temples élargit ainsi son paysage sonore, avec des morceaux à la portée plus cinématographique et grandiloquente. A l'image de « Certainty », tout en synthés et envolées vocales réverbérées pour lequel James Bagshaw, leader du groupe, indique dans la notice biographique avoir voulu « créer quelque chose de mystérieux, dans la veine des premiers Disney, un truc harmonieux et ludique à la fois, mais avec une touche un peu plus sombre ». Mélodies solaires et expérimentations troubles semblent en tout cas avoir présider la genèse de cet album autoproduit et enregistré dans leur ville d'origine de Kettering, dans les Midlands.

 

 

A ce tourbillonnement inaugural succède les effets spatiaux, intergalactiques par moments, de « All Join In » où le chant haut perché ajoute une touche rétrofuturiste. Un titre à la féérie un brin bancale suivi par « (I Want To Be Your) Mirror » et ses airs de flûte enchantée sous acide, avec empilement de nappes atmosphériques. Le pays de Disney, même perverti pas Pink Floyd, n'est pas loin mais se voit rapidement chasser par « On the Havior », titre d'une facture pop plus classique qui rappelle que Temples sait aussi se priver habilement de ses fantasmes cosmiques.

 

Les effets interstellaires reviennent toutefois au galop parmi les huit titres restants, où la voix évanescente de Bagshaw continue de faire merveille. Au chapitre des irrésistibles figurent la douce folie irradiante de « Born into the Sunset », le tournoyant et insouciant « Open Air », les montagnes russes opératiques de « Mystery of Pop » que n'aurait pas renié Queen et, surtout, les sidérants « Roman God-Like Man » et « Strange or be Forgotten ».

Entre la terre et le ciel, ballades mélancolique et pop cosmique, Temples semble avoir trouvé dans les cendres de Volcano son nouveau mantra sonore.

 

 

Cet article a aussi été publié dans le quotidien suisse Le Temps du 11 mars 2017.

 

 

 

 

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