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chanson

  • IAM fait sa «Rêvolution» de velours

    L'emblématique groupe de hip-hop marseillais publie son huitième album studio en près de trente ans, tout en célébrant les vingt ans de «L'Ecole du micro d'argent». Rencontre.


    (photo: Def Jam/Didier Deroin)

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  • Les douceurs pop de M

     

    M.jpgL'extraversion après l'introversion. Trois ans après Mister Mystère, révélant la face sombre de Matthieu Chedid, M publie Îl. Un sixième album solo en quinze ans qui fait la part belle au bouillonnement pop-rock, aux langueurs mélodiques et à l'économie de mots. Il s'y déleste de plus en plus de sa panoplie de super-héros. Rencontre avec un homme tranquille.

     

    Après avoir dévoilé votre part d'ombre sur "Mister Mystère", "Îl" constitue-t-il un retour à une douce lumière?

     

    Oui. Même pour être très clair, un retour à une lumière rayonnante, intense, explosive presque, même qu'elle semble douce parfois. J'avais envie d'un lâcher-prise, d'un arc-en-ciel, d'un feu d'artifice, d'une dimension festive. Îl est un disque extraverti, épique, spectaculaire, hollywoodien en un sens comme une suite de courts-métrages. Mister Mystère m'avait permis d'aller chercher une certaine paix, de me faire renaître et de retrouver l'essence de M. C'était comme un voyage initiatique et intérieure. A 40 ans à présent, je voulais revenir de façon plus vive, tout en me reconnectant avec mes débuts. Îl me rappelle aussi mes débuts en 1997 avec Le Baptême, un album de lâcher-prise total où je n'avais rien à perdre.

    "Îl" désigne-t-il davantage l'exotisme îlien ou l'idée de l'autre ?

    Les deux. C'est l'idée de proposer une île, un lieu imaginaire où tout est permis, avec une vision tout à la fois masculine mais ouverte sur l'autre. Même si l'album commence par une chanson intitulée "Elle" et que ma part de féminité reste présente. Mais c'est aussi l'autre, M, qui permet de me réinventer, de ne pas figer ce personnage dans une époque ou une couleur. M se retrouve d'ailleurs davantage aujourd'hui dans mes lunettes que ma coupe de cheveu. Et pour la prochaine tournée, je n'aurais sans doute plus besoin de passer une heure dans ma loge pour me métamorphoser en M : mes fringues et mes lunettes suffiront pour des concerts plus bruts et rock.

    Le besoin de dédoublement, du masque et de la panoplie artistique s'est-il estompé ?

    Oui, je crois assumer de plus en plus ce que je suis et qui je suis, même si l'ai toujours relativement bien assumé. J'ai d'ailleurs appris récemment que Chedid veut dire intense en arabe, alors peut-être que mon nom me donnera un jour raison. Il reste que, paradoxalement, c'est avec un masque qu'on est davantage soi-même. Si je me transforme, c'est que cela me permet d'être encore plus moi. Ce n'est pas une histoire d'apparence mais de fond. J'ai plus un langage de fond que de forme alors que le visuel est fort chez moi. C'est troublant.

    Vous avez endossé quantité de casquettes ces dernières années– arrangeur pour Johnny Hallyday ou votre père Louis Chédid, guitariste au côté de Vanessa Paradis, compositieur de la BO de "Monstre à Paris" -, vous aimez papillonner ?

    Je crois être à l'aise dans la diversité, quand ne suis pas figé dans un rôle. Je prends autant de plaisir en tant que personnage central que musicien ou producteur de l'ombre. Je ressens surtout le besoin artistiquement d'échapper au confort, qui me fait extrêmement peur et signifie la mort de la créativité. En ce moment, j'essaie de faire la musique pour un spectacle de James Thierrée (ndlr : petit-fils de Charlie Chaplin), qui a vécu en Suisse, et me retrouve dans un registre non plus mélodique mais de musique concrète.. Et j'adore cela. Ce qui m'amuse, c'est avant tout d'apprendre et donc d'aller chercher en moi quelque chose de neuf dans des univers différentes.

    Vous vous sentez toujours sur le fil de l'essentiel et du dérisoire ?

    Oui, plus que jamais. Au même titre qu'une chanson est tout et rien à la fois. Et c'est cette fragilité  que j'aime beaucoup dans la musique qui, à l'image de la vie, est autant une grande blague qu'une chose essentielle.

    Sur l'album, il y a pourtant un titre qui dit "Faites-moi souffrir"...

    C'est d'abord une chanson ironique, qui se moque de nous et certaines de nos petites souffrances ridicules. C'est également un prétexte au lâcher-prise, à l'amusement. En sous-texte, il s'agit de dire aussi que dans des grands moments de tristesse on peut toucher artistiquement à la grâce en se libérant totalement.

    Personnellement, vous créez mieux dans la souffrance ou le bonheur ?

    Je dirais que les deux sont bons à prendre. Je vois les choses par-delà le bien et le mal. Dans des moments d'énergie vitale, quand on est en paix, recentré et en phase, on trouve des sources formidables et éclatantes d'inspiration. Et dans les moments de perdition, de souffrance, de tristesse, on a accès à une forme de désespoir inspiré qui peut se révéler d'une absolue beauté.

    Îl (Universal Music)