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Les veloutés chaloupés de Wayne Paul

WaynePaul.jpgWayne Paul, Between The Lines (Absinthe Music)

Une renaissance. Sans exagération, le retour de Wayne Paul en est une. Au terme d'une longue descente aux enfers parsemée de son propre aveu d'alcool et de drogue, de séjours en prison et de cure de désintoxication, l'Anglais retrouve toute l'intensité de son souffle sur un nouvel album baptisé Between The Lines*. Entre âpreté et légèreté proche de l'immatérialité, le timbre de ce Wayne Paul qui avait fait les beaux jours du label Big Dada au milieu des années 90 n'a rien perdu de sa grâce.

Sur un fond de dub et d'electro, de jazz et de hip-hop, de climats excessivement moites imaginés par le sorcier helvète Christophe Calpini (Mobile in Motion, Stade, Alain Bashung, Dog Almond, etc), l'artiste aux origines jamaïcaines bercé précocement par Gregory Isaacs, Dennis Brown, John Holt, Marvin Gaye, le répertoire de la Motown ou la mouvance liée à l'énigmatique Jah Shaka -prince des basses écrasantes, sirènes et chambres d'écho - a retrouvé toutes ses marques. Et distille comme sur un nuage ses veloutés chaloupés.

Au travers de chants volontiers altruistes, humanistes, où il appelle notamment les professeurs à protéger nos enfants car ils sont l'avenir et évoque la nécessité de se souvenir de ses racines pour retrouver la force de vivre, Wayne Paul fait planer toute sa sorcellerie vocale sur quatorze titres syncopés. Il profite aussi de convier à ses retrouvailles God’s Gift, l'un des meilleurs maîtres de cérémonie du courant «grime», le temps de trois morceaux d'anthologie.

Malgré quinze ans d'errances, de vie dissolue, Wayne Paul est ainsi resté le joyau vocal éclatant révélé au fil de Take the Train (Sound of Money/Big Dada, 1994). Celui aussi qu'on croisa, convalescent pourtant mais déjà diablement envoûtant, sur l'album Tactile de Stade (projet en forme de work in progress de Christophe Calpini et Pierre Audétat), aux côtés de Roots Manuva sur disque et en tournée pour Revolution 5 ou encore en fulgurant invité de marque de In Dog we Trust de Dog Almond. Déjà, la pureté et la puissance évocatrice des vocalises de Wayne Paul ne pouvaient laisser de marbre. Il en va de même aujourd'hui au fil de cet organique Between The Lines. Admirable, profond et captivant de bout en bout, c'est une petite merveille hantée.

*Ce texte est celui de la présentation de l'album qu'ai rédigé pour le label suisse Absinthe Music

Wayne Paul est en concert au Cully Jazz Festival (CH) le sa 13 avril 2013

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