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cesaria evora

  • Août 2013

    Dans la profusion des sorties mensuelles, ne retenons que quelques chansons...

     

    Stromae, Racine CarréeStromae, Racine carrée (Mercury)

     

    Révélé voilà trois ans par l'album Cheese et son tube «Alors on danse» malgré l'indigence eurodance et new beat de ses bandes sonores, Stromae se distinguait toutefois par une fibre brelienne tant côté phrasé qu'en termes de narration corrosive et de théâtralité scénique. Un talent d'écriture confirmé par Racine carrée d'où brillent aujourd'hui des titres comme «Formidable»* ou le très personnel «Papaoutai».

    Le chanteur belge d'origine rwandaise âgé de 28 ans a heureusement élargi sa palette musicale pour insuffler par endroit du groove africain ou des rythmes afro-cubains dans sa dance music qui continue d'abuser des codes du genre.

    Sauf que les maux du répertoire s'avèrent cette fois nettement plus grinçants en évoquant paternité, amour, identité, racisme, déracinement, démagogie ou violence conjugale. La cruauté en bandoulière, les mots ciselés de Stromae font plus souvent mouche. D'autant que de lancinantes mélancolies se dégagent de chansons comme ce «Carmen» ravivant l'air de Bizet à l'ère des réseaux sociaux, le spleenesque «Ave Cesaria» en hommage à la défunte diva Evora sur fond de morna ou du gothique «Quand c'est ?» traitant du cancer. En somme, Stromae n'est jamais meilleur que quand il danse sur nos tombes et nos douleurs.